Définir le Cambodge

Michelle Vachon

 

14 fevrier 14, 2004 - Cambodia Daily

 

(traduction par mes soins)

 

Il y a 66 ans, un administrateur colonial français a pris une décisions sur les frontières maritimes entre Cambodge et Cochinchine, comme était alors dénommé le sud du Vietnam.

 

Jules Brévié espérait que sa décision rénoverait une bonne fois pour toute une longue querelle.

 

Ayant pour but la clarification de quelle juridiction, de la cochinchine ou du cambodge, les iles du golfe de Siam tombait, la note administative de Jules Brevie du 31 janvier 1939 a été le coeur de toutes les querelles ur les frontieres marimtimes entre cambodge et vietnam.

 

Tous les régimes politiques du Cambodge ont soulevés ce problème, qui déclenche encore des débats haineux et place souvent les deux pays en opposition l’un avec l’autre.

 

Dans les années 60, Norodom Sihanouk, alors prince, demanda une conférence internationale pour résoudre le problème une bonne fois pour toute, et pour protégé le territoire du Cambodge par des moyens pacifiques.

 

Une telle approche ne convenait pas aux Khmers Rouges, qui bombardèrent l’ile Vietnamienne de Phu Quoc (Koh Tral en khmer) et exterminées les 515 habitants vietnamiens de l’ile de Poulo Panjang (ile de Tho Chu) en mai 1975, selon Raoul Marc Jennar dans sa thèse de doctorat « les frontières du Cambodge contemporain’, de 1997.

 

Le seul accord sur les frontière maritimes qu’il y eu entre le Cambodge et le Vietnam fut signé en juillet 1982. Il faisait partie d’une série d’accord  basé sur le Traité de Paix, d’Amitié et de Coopération signé le 18 février 1979, peu après que le Vietnam eu renversé le régime Khmer Rouge, envahis le pays et installé un gouvernement amical envers Hanoï.

 

Valide pour 50 ans, au terme duquel l’accords indique que le traité de 1979 sera automatiquement renouvelé pour une période de 10 ans, à moins d’être révoqué l’année avant le renouvellement par les deux pays, explique Var Kim Hong, responsable du Comité Cambodgien des Frontières.

 

Autant qu’il sache, aucune mesure n’a été prise pour annuler cet accord, et il devrait être renouvelé mercredi, ajouta-t-il.

 

Mais le renouvellement ne sera pas accompagné par un nouvel accord sur les frontières maritimes. Pour ce point, les négociations continues, expliqua Var Kim Hong.

Le débat, que le Partie Sam Ramsy et le Funicpenc ont ravivé pendant la campagne national pour les élections de 2003, a crée d’étranges alliés.

 

Le chiffre de 95000 km carrés, souvent cité comme étant la surface maritime sur laquelle le Cambodge devrait étendre sa juridiction, est devenus officiel au cours du régime de Lon Nol, expliqua Jennar.

 

L’administration, qui avait renversé Norodom Sihanouk redevenu prince, en 1970, a formulée un décret en 1972 définissant la taille du plateau continental et émis des revendications sur les droits du Cambodge sur celui ci.

 

Le territoire couvrait un tiers des eaux réclamées par la Thaïlande, et les trois quarts de la zone revendiquée par le Vietnam, ajouta Jennar. L’idée de potentiels contrats d’exploitation pétroliers et gaziers dans le golfe amena le Cambodge et ses voisins à agir sans concertation, dit-il. Les revendications du Cambodge et du Vietnam se chevauchent sur de 95000 km carrés.

 

Quatre ans plus tard, les Khmers Rouges reprirent la position du roi Sihanouk au cours des pourparlers préliminaires avec les vietnamiens, et choisirent la ligne Brévié pour définir la frontière maritime, expliqua Jennar. Mais le régime de Pol Pot mit fin rapidement à la réunion de mais 1976, et progressivement se retourna militairement contre le Vietnam, ajouta-t-il.

 

Brévié était gouverneur général de l’Indochine, qui comprenait le Cambodge, le Laos, et les territoires Vietnamiens, quand il édictât sa note en 1939. Il tentait d’en finir avec les désaccords qui avaient commencés au 19ème siècle.

 

A la fin des années 1870, le gouverneur de Cochinchine, Le Myre de Villiers, dirigeait un groupe d’entrepreneurs français qui avait remplacé les officiers de la Marine dans le gouvernement de Cochinchine, écrit Alain Forest dans son livre en 1980, ‘Le Cambodge et la colonisation française’. Il voulaient non seulement de la terre pour leur plantation, et de bonnes zones de pèche, mais envisageaient également l’annexion du Cambodge [à la Cochinchine, note de Yann Charles]

 

A la différence du Cambodge, qui était un pays indépendant avec un roi et un gouvernement qui avait demandé la protection de la France, la Cochinchine était une colonie française.

 

Etendre la Cochinchine était une ambition de la France.

 

Huynh de Verneville, l’administrateur français en poste au Cambodge, tenta de limiter les projets d’expansion cochinchinoise, mais avec un succès limité, selon Forest.

 

Cependant, le Cambodge, qui était pris entre ses deux voisins expansionnistes au 19me siècle, vis son territoire s’agrandir sous le protectorat français.

 

En utilisant la frontière terrestre comme point de départ, Brévié traça une ligne droite dans le Golfe de Thaïlande, indiquant que les eaux et iles au nord de cette ligne seraient administrés par le Cambodge, et les iles et eau au sud par la Cochinchine. Cependant, dans la mesure où Phu Quoc avait été sous administration cochinchinoise depuis les années 1860, il la laissa au Vietnam, faisant passer la ligne 3 kms au nord de l’ile.

 

Brévié souligna que les iles proches de la cote cambodgienne étaient géographiquement liées au Cambodge, et que donc, elle devaient etre sous sa juridiction.

 

Jusqu’à présent, aucun document n’a montré si les iles appartenaient au Cambodge ou à la Cochinchine. En 1913, l’administrateur français de Cochinchine notait qu’il ne pouvait trouver aucune preuve de souveraineté, notait Sarin Chhak dans son livre de 1966, ‘Les frontières du Cambodge’.

 

Brévié défini sa ligne avec comme but de séparer les devoirs administratifs et de police entre les deux juridictions, et jamais il n’eu l’intention que sa ligne fut considéré comme une frontière, ajouta-t-il.

 

Sarin Chhak expliqua que Brévié le souligna même dans sa lettre, en écrivant ‘il est entendus dans ce qui précède concerne seulement l’administration et la police sur ces iles, que les questions de souveraineté demeurent entièrement ouvertes’.

 

Cependant, ce paragraphe de la lettre de Brévié, écrite dans le livre de Sarin Chhak, n’apparait pas dans la lettre conservée dans les archives nationales de Phnom Penh. Le document original y apparaît comme une lettre d’intention, qui est attaché à sa lettre sur la ligne de démarcation ; ces documents sont numérotés 867 et 868, et écrit de la même main, numérotés naturellement l’une après l’autre.

 

A part la contradiction sur le paragraphe le plus cité pour illustrer l’intention et la valeur légale de la ligne Brévié, le reste du document est identique à la lettre reproduite dans le livre de Sarin Chhak.

 

En tous les cas, les administrateurs de Cochinchine ne pouvaient pas savoir que le Cambodge, le Laos et le Vietnam deviendraient indépendants, et que leurs frontières administratives terrestres et maritimes deviendraient leurs frontières internationales.

 

En 1957, le Cambodge devint le premier pays dans le golfe de Thaïlande à définir ses eaux nationales, à une époque ou les lois internationales en la matière se développaient juste, expliqua Jennar. Le décret du 30 décembre défini la profondeur des eaux territoriales à 5 miles nautiques, soit 9,26 km ; et les eaux contiguës à 7 miles nautiques, ou 13 km. C’étaient des prétentions modestes et limitées, selon Jennar. Le Cambodge réserva ses « droits historiques » sur Phu Quoc.

 

Dans une lettre séparée, le prince Sihanouk ordonna à la marine royale de protéger toute les iles, surtout Poulo Panjang, Poulo Wai and Koh Tang, dont l’occupation, écrit-il, est essentielle au bon développement et au futur du port de Kompong Som.

 

En 1960, le Cambodge fut le premier pays dans le golfe a signer la convention de Genève de 1958 sur les eaux territoriales et la zone contiguës. L’assemblée nationale approuva ce traité en 1963, mais ne fut pas adopté avant 1968.

 

En 1969, le Cambodge étendis ses eaux territoriales à 12 miles nautiques, soit 22,2 km, ce qui était en accord avec les lois internationales.

 

Le décret de 1982 a redéfini le base à partir desquelles les eaux territoriales sont mesurées. Au lieu d’être proche des cotes comme cela était le cas en 1957, la ligne de base relie les iles lointaines à partir de la frontière thaïlandaise jusqu’à Poulo Wai.

 

Le document reconnaît pour la premiere fois que Poulo Wai appartient au Cambodge. Il définie la Zone Economique Exclusive du pays et son plateau continental, qui sont presque identique, sur la base de 200 miles nautiques, ou 370 km.

 

De plus, l’accord de 1982 maintint tous les droits internationaux sur les eaux territoriales et le plateau continental, et établis des ‘eaux historiques’ de part et d’autre de la ligne Brévié, une zone dans laquelle et le Cambodge et le Vietnam ont juridiction, et dans laquelle les ressortissants des deux pays sont autorisés à pécher.

 

Au cours des réunions de la commission commune Khmero-Vietnamienne sur les frontières, le Vietnam a rejeté la ligne Brévié comme frontière maritime, alors que le Cambodge insistait pour la garder, selon Alain Gascuel, qui a suivit de très prêt les travaux de cette commission

 

Les travaux de cette commission sont-ils particulièrement lent ? Pas vraiment, explique Martin Pratt, directeur de l’International Boundaries Research Unit de l’Université de Durham au Royaume Unis. ‘La délimitation des frontières maritimes peut être un processus difficile dans le meilleur des as. Dans les mers semi-fermées, avec de nombreuses iles, le problème est encore plus grand’.

 

Avant le début des négociations, le Cambodge a émis une plainte aux Nations Unies contre le Vietnam et la Thaïlande ; en 1997, leurs gouvernements ont signés un accord définissant leurs plateaux continentaux et zones économiques dans le golfe de Thaïlande – sans consulter le Cambodge. Des incidents comme celui ci ont convaincus Lao Mong Hay, le chef du département juridique du Centre de Développement Social, que le Cambodge devait soumettre son cas à une court internationale ou une organisation dont la décisions serait fiables, dit-il.

 

Il croit également que, a moins que le Cambodge ne soit en position de gérer et contrôler ses eaux territoriales, avoir souveraineté sur certaines parties du golfe de Thaïlande ne mène pas à grand chose.

Le Cambodge devrait investir pour reconstruire sa marine, et former des gens pour exploiter le pétrole offshore et les opérations gazières, et d’autres départements maritimes, suggère-t-il.

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